portfolio

Parmi le vaste champ d’expériences possibles qu’offrent la pratique de la céramique, mon travail se développe à travers deux composantes principales : le potentiel de transformation de la matière — et l’imaginaire qui en découle — ainsi que la culture matérielle entendue comme le rapport que l’on entretient avec les objets du quotidien. 

Je m’intéresse tout particulièrement à la notion de traces, de restes, de résidus que je dévoile et rend visible à travers des procédés d’altération et de transformation. Par la mise au point de processus chimiques et physiques — n’hésitant pas à mettre à mal la céramique dans ce qu’elle peut avoir de plus convenu —  je mène des expérimentations à caractère alchimique. Je cherche par exemple à faire apparaître ce qui reste de minéral dans la matière végétale ou dans des restes de repas par le passage au feu («Reliques», «Le mouvement de la matière») ou encore, pour «Le goût du jour», à révéler par un décapage partiel d’assiettes commémoratives, la relation intime et parfois fétichiste qu’on tisse avec les objets qui nous entourent.  Si c’est souvent avec une distance ludique, teintée d’ironie, que je m’amuse à pointer du doigt certaines ambiguïtés du monde contemporain, mes oeuvres sont aussi pensées comme un reflet des réflexions actuelles sur la relation de l’humain au vivant et au non vivant.